Chaque ville a une madeleine ; Montargis a une amande. Grillée, roulée dans un sucre caramélisé qui craque sous la dent, elle s'appelle prasline — avec un s, s'il vous plaît — et toutes les pralines du monde descendent d'elle.
1636 : la gourmandise qui naquit d'une cuisine de duc
L'histoire est délicieuse en elle-même. Nous sommes en 1636, chez César, duc de Choiseul, comte du Plessis-Praslin, maréchal de France et gouverneur de Montargis. Son officier de bouche, Clément Jaluzot, fait griller des amandes dans du sucre caramélisé. Le duc en régale la cour, on baptise la friandise « praslines » en son honneur — et Jaluzot, malin, finit par ouvrir boutique à Montargis, au « Confiseur du Roy ».
Près de quatre siècles plus tard, la Maison Mazet perpétue la recette originale dans la boutique historique. La prasline y est toujours fabriquée à l'ancienne, en chaudrons de cuivre, et vendue dans ses boîtes crème et or reconnaissables entre mille.
Le rituel du visiteur : un cornet de praslines, dégusté en marchant le long des canaux. Résistance inutile.
La boîte de praslines classique fait un cadeau infaillible. Les gourmands ajoutent les amandas (pâte d'amande enrobée), les grelons (éclats de praslines au chocolat) et le pavé du Gâtinais.
Les crottes du chien de Montargis (oui, vraiment)
Derrière ce nom fleuri se cache une histoire de fidélité : la légende du chien de Montargis. Au XIVᵉ siècle, le lévrier d'Aubry de Montdidier aurait poursuivi de sa vindicte l'assassin de son maître, jusqu'à ce que Charles V ordonne un duel judiciaire entre l'homme et le chien. Le chien gagna, le meurtrier avoua, et Montargis y gagna un mythe. Les chocolatiers de la ville lui rendent hommage avec ces bouchées chocolatées au nom espiègle — le souvenir le plus second degré de votre séjour.
Le garde-manger du Gâtinais
- Le miel du Gâtinais — réputé depuis des siècles, notamment le miel de sainfoin. À chercher au marché.
- Le safran du Gâtinais — la région fut au Moyen Âge une grande terre safranière ; quelques producteurs passionnés font revivre l'épice.
- Fromages, volailles & maraîchage — le Gâtinais nourrit bien son monde ; le marché en est la vitrine.
Le marché : mercredi et samedi matin
Le samedi matin surtout, le centre s'anime : étals débordants, odeurs de rôtisserie, cafés en terrasse. C'est le moment parfait pour composer un pique-nique de quai — fromage du coin, pain de la boulangerie voisine, fruits du verger gâtinais, praslines en dessert. Si vous logez en centre-ville, vous y êtes à pied en cinq minutes.
Bien manger à Montargis
Sans dresser un palmarès qui vieillirait mal, trois valeurs sûres pour choisir votre table :
- Autour de la place de la République et des quais — bistrots et terrasses avec vue sur l'animation.
- Les tables gastronomiques du Montargois — la région cultive une vraie tradition (le « mois de la gastronomie » local en témoigne chaque année) ; réservez le samedi soir.
- Les guinguettes de bord de canal — en saison, à vélo, pour un déjeuner les pieds dans l'herbe.
Une cuisine à vous, à deux pas du marché
L'avantage d'un appartement entier : rapporter le marché du samedi à la maison. Notre recommandation — 60 m² cosy en plein centre — a une cuisine équipée, un petit jardin partagé pour les dîners d'été, et la boulangerie au coin de la rue pour les croissants du matin.
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